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Cette question nous interpelle devant le grand émoi mondial provoqué par l'accident de Lady Di et également le succès du grand rassemblement de la jeunesse organisé par le Vatican à Paris. Ces deux manifestations font apparaître un besoin des individus, de la société en général.
Pouvons nous l'analyser ? Après les deux communications remarquables des Professeurs BONNET et DESNE sur le Siècle des Lumières en France, en Angleterre et en Allemagne, il est pertinent de poursuivre notre réflexion.
Le siècle des lumières est le siècle des triomphes de la raison et de la science "objective". Ce triomphe se poursuit de nos jours et a apporté à la société, aux individus, des avancées fulgurantes. Les techniques se sont développées rapidement, apportant non seulement des conforts de vie mais également des avancées de la Médecine dans sa lutte contre nos différents prédateurs allongeant l'espérance de vie des individus. De plus les techniques nous ont apporté une autre perception du monde, une autre compréhension de soi-même et du monde.
La société a évolué d'une façon rapide, trop rapide peut-être, ne permettant pas assez à notre conscience d'en intégrer les développements. La prééminence de la raison, confrontée par son efficacité, a laissé en retrait l'affectivité et la spiritualité chez l'homme.
Actuellement cette évolution vers la recherche de la rentabilité et le développement sans frein atteint les limites acceptables par l'homme. L'homme n'a plus été perçu comme une machine sans âme. Le problème du clone humain conçu comme "réserve d'organes" le démontre. Le fait même qu'on ait pu poser le problème dans ces termes nous interroge.
Le mouvement des chômeurs, phénomène tout nouveau, la violence sociale, expriment la revendication tonitruante de la réintégration de l'homme dans sa dimension existentielle d'amour et de spiritualité dans la société.
Le docteur Lucien LEVY fait état naturellement de l'écrit de Freud qui, déjà en 1900, émettait l'hypothèse de la genèse de la spiritualité chez l'homme concomitante de l'amour.
"En ce qui concerne la manière dont l'homme des âges préhistoriques se comportait à l'égard de la mort, nous ne la connaissons naturellement que par inférence et déductions. Mais je pense que ces procédés nous ont donné des résultats auxquels on peut se fier suffisamment. L'attitude de l'homme primitif à l'égard de la mort est assez remarquable, parce que nettement contradictoire.
D'une part, il niait la mort, lui refusait toute signification et toute efficacité. Ce qui explique en partie cette contradiction, c'est le fait que sa manière d'envisager la mort d'autrui, de l'étranger, de l'ennemi, différait radicalement de celles dont il envisageait la perspective de sa propre mort.
La mort d'autrui lui paraissait sérieuse, il voyait en elle le moyen d'anéantir celui qu'il haïssait et l'homme primitif n'éprouvait pas le moindre scrupule, ni la moindre hésitation à causer la mort. Il était un être passionné, plus cruel et plus méchant que les autres animaux. Il tuait volontiers et le plus naturellement du monde.
Certes, l'homme primitif pouvait se représenter aussi difficilement que nous même sa propre mort. Mais il y avait un cas où ces deux certitudes opposées à l'égard de la mort devaient se rencontrer et entrer en conflit.
C'est lorsqu'il voyait mourir un de ses proches. Sa femme, son enfant, un ami qu'il aimait certainement comme nous aimons nous-mêmes, car l'amour ne doit guère être moins ancien que le penchant pour le meurtre. Dans sa douleur, tout son être se révoltait contre cette constatation.
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