ACADÉMIE EUROPÉENNE INTERDISCIPLINAIRE DES SCIENCES

Notre arbre généalogique est un buisson touffu
Ian Tattersall


L'homme de nos origines : il a toujours côtoyé les fossiles.
Ian Tattersall a passé son enfance en Afrique, près du berceau de l'humanité, dont quelques rudes années dans un pensionnat de Nairobi.
A l'université de Cambridge, en Angleterre , il s'est plongé dans les origines de l'homme, autant par intérêt que par nostalgie.
Puis il est entré directement à l'American Museum of Natural History de New Yrok, qu'il n'a pas quitté depuis vingt-huit ans.

Il y dirige maintenant le département d'anthropologie.
Ajourd'hui, cet Anglais naturalisé américain, proche de Stephen Jay Gould, expose avec conviction sa thèse sur l'Emergence de l'homme, titre de l'ouvrage qui vient de paraître (Gallimard), et se trouve au centre d'un débat qui fait rage aux Etats-Unis.
C'est la pagaille dans notre généalogie !

Il avait fallu des siècles pour admettre notre parenté simiesque
et des décennies pour se familiariser avec la chaîne de nos ancêtre : les australopithèques, puis Homo habilis, Homo erectus et nous, les Homo sapiens, bien juchés au sommet de l'arbre des espèces.
On savait, certes, que celui-ci n'était pas parfait, que, au fil des découvertes, il fallait ajouter ici une petite branche, en couper une autre là...
Cette fois, il s'agit plus que d'une correction : les dernières récoltes de fossiles donnent carrément de notre filiation l'image d'un buisson.

Au point que certains anthropoloques américains, comme Ian Tattersall, proposent une autre vision de l'évolution.

Celle-ci avancerait à tâtons, au hasard. Dans notre histoire, il n'y aurait ni sens, ni logique, ni même continuité, et notre intelligence serait un (heureux?) accident.

Cet antidéterminisme farouche est pour le moment minoritaire.
Mais il est de plus en plus écouté.

…...

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